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Argentine - Mendoza


de ManuKarine, 27-01-2006

Vamos a Mendoza signore Zorro !


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¿ Hola que tal ?

Ce n'était pas vraiment prévu, mais après tout la ville argentine semblait faire l'unanimité. Pour la nature d'abord, les Andes à proximité, avec en point culminant l'Aconcagua, la plus haute montagne d'Amérique. Autant dire que ça sent le repère pour trekeurs, climbeur et autres mordus de l'"adventure" en plein air. Puis il y le pinard, excellent, véritable porte-parole de la région. Et enfin, la viande, savoureuse comme nulle part ailleurs. Bref, pas mal d'attraits. Suffisamment en fait pour s'y arrêter.

Nous arrivons tôt le matin. Nous étions prévenus : à Mendoza, il a du monde et les auberges affichent pas mal complet. Nous essayons au "Wincas'" sans succès. Mais la charmante argentine de la réception nous prend en main et s'occupe de nous dénicher deux lits à "Los Andinas Hotel", quelques blocs de rues plus loin. Comme d'habitude, nous retrouvons les routards de passage, zens, comme nous du reste. L'endroit, ouvert par un sudiste carcassonnais l'an dernier, se veut "à la cool", voir rasta cool ! On apprend que lors de l'ouverture il n'y avait que cinq auberges de ce genre, aujourd'hui elles sont plus de trente dans tout Mendoza. C'est très vite devenu la Mecque du sport outdoor, alors forcement... Enfin tout ce trafic est très supportable du fait des roulements. On y croise Richard, londonien type, blond à peau d'anglais. Il termine ses études de médecine pour intégrer Médecins sans frontières. Et nous décrit ses premiers accouchements, ses premiers essais en Afrique et à Buenos Aires. Passionnant et puis d'actualité.

Les premiers jours, on s'organise avec Karine. Elle essaie les différentes parillas de la ville et moi j'essaie désespérement d'organiser un treck. Mais dans les deux cas, l'offre reste large et trop de choix n'encourage pas la décision. Pour patienter donc, nous mangeons et dégustons ce qui s'offre à nous : une viande inoubliable, un vin delicieux. Pimousse en a déjà les joues toutes roses. La fibre Grenier sans doute ! Un pur régal. Il fallait remonter à la source et les grandes caves de la proche campagne méritaient bien le détour pour une journée entière de dégustation... Dommage que nous ayons déjà 40 kilos à porter, nous aurions bien importé quelques bouteilles à Lapalisse ! Peut-être au départ de Buenos Aires qui sait...

A Mendoza, il fait chaud, très chaud, mais heureusement les premiers architectes de la ville ont dessiné aux quatre coins, des parcs ombragés et vraiment agréables où les jeunes et les moins jeunes se retrouvent tout au long de la journée. L'atmosphère est bien paisible. Les gens que l'on croise sont charmants et les argentines ont toujours un regard de braise. Loin des images rudes que l'on peut avoir en tête, le pays a donc de quoi séduire. D'autant que depuis le crash monétaire de 2002, le niveau de vie a subit une sérieuse dégringolade. On vit pour 15 euros par jours, autant qu'en Inde. La cerveza coute 0,5 cents d'euros en bodega, le morceau succulent de boeuf, 2,5 euros et le vin est presque gratuit. Ca n'encourage pas trop la désintoxication ! Evidemment pour nous c'est assez royal, pour les argentins, tout est devenu inaccessible. Néanmoins, nous les trouvons bien chaleureux, bien plus qu'au Chili encore. Ca vit, ça bouge, ça danse, ça mange et ça boit.

C'est pas tout ca, mais demain matin à 7h, j'abandonne Karine pour la montagnes. Enfin décidé, je choisi l'option grand luxe. La totale. Un combiné 3h de treck avec rappel sur le Cordon de Platas suivi d'une promenade de 3h en mountain bike. Extrême. Ils avaient juste oublié de mentionner "pour confirmés" sur leurs brochures. Je rentre lessivé mais j'en ai eu pour mon argent et plein les mirettes au plus près de la chaine andine. En réalité, je me sens piqué par le virus du trecking. J'espère emmener Pimousse au plus vite.

Et pendant tous ces efforts, Karine en profite pour se relaxer et continue d'apprécier les parillas du coin. C'est ce qu'on appelle l'équilibre dans un couple ! Même si je sais qu'elle crève d'envie de m'accompagner. Certainement son côté sportif, bien enfoui dans son subconscient. J'opère en fait un repérage pour l'an prochain. Nous avons bien aimé cette ville et l´Amerique du Sud commence sérieusement à nous envouter...

Vendredi 25 janvier. Dans deux jours, nous serons sur l'Ile de Pacques. Nous y pensons déjà, c'est comme un rêve. Mais pour cela, nous devons rejoindre Santiago pour une journée de transit. Arrivés dans la capitale, la "Casa Roja", l'auberge de notre première semaine au Chili ne peut malheureusement pas nous acceuillir. Ah ! Le succès ! Dommage, on se rabat sur le petit hôtel à côté pour la nuit, pourtant nous restons à la "Casa Roja" la journée, peut-être pressentions-nous alors notre plus fabuleuse rencontre.

Vincent a 80 ans. Pantalon treillis à poches multiples, T-shirt flashy, il est épais comme un ver de terre et son visage, rempli de malice. Vincent habite Lunel, à 20 kilomètres de Montpellier et parcourt le monde depuis 18 ans. Depuis le décès de sa femme, deux options s'offraient à lui : la rejoindre ou tout laisser pour son sac a dos. Il n'avait auparavant jamais voyagé dans son ancienne vie d'informaticien. Depuis pas un endroit du globe ne lui est inconnu, le tour, il l'a déjà fait 3 ou 4 fois. Ce backpacker hors-normes déteste les voyages organisés et les hotels "On y croise que des imbéciles qui se croient supérieurs car l'eau de leur douche est chaude !". Il ne se loge qu'en auberge de jeunesse, c'est ce qui lui donne la pêche. Ce qui l'a sauvé aussi de la déprime et de sa tristesse, ce sont les pauvres "gens" du monde entier. Leur contact, leur authenticité, leur gentillesse. Vincent, que son frêre traite de fada en l'amenant à la gare à chaque voyage, nous a donné de vrais frissons. Il a bien essayé les clubs de son age qu'il appelle les "Tasmal´où", sans succès. En 20 ans de baroudage, seuls les piments mexicains ont eu raison de lui pour quelques jours. Il est touchant, attendrissant. C'est aussi un puits sans fond d'anectodes. Et comme rien ne lui fait peur, il a tout essayé, tout entrepris. La vie chez les indiens d'amazonie, la passage du Cap horn en trimaran, l'aide aux orphelinats de Madagascar, la Sibérie des années 80, l'atterrissage en hydravion sur la banquise et l'Antartique, la pêche à la langouste à Cuba... et bien d'autres encore. De quoi écrire deux ou trois tomes dignes des plus grands explorateurs. Nous avons rendez-vous chez lui, à Lunel, pour une grillade-paella dont il a le secret parait-il. Pimousse devrait être ravi(e) de le connaitre.

La soirée fut vite passée, nous n’en finissions pas de l'écouter, mais il fut l'heure pour nous d'aller nous coucher. Hors de question de manquer le lendemain matin le vol le plus attendu : Rapa Nui ou l'Ile de Paques.

Hasta pronto !

ManuKarinePimousse



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